Infos

Vous parcourez actuellement les archives de la catégorie Politique biocarburant.

Calendrier
mars 2010
L Ma Me J V S D
« fév    
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031  

Archive de la catégorie Politique biocarburant

La Chine subventionne ses agriculteurs qui produisent de l’éthanol à partir de la cellulose, du sorgho doux et de cassave

ChineLe ministère chinois des Finances a élaboré un projet de politique visant à promouvoir la production de cultures non-alimentaires pour fabriquer des biocarburants, selon les déclarations faites par un officiel supérieur à Beijing lors d’une conférence de presse sur l’énergie.

Le ministère utilisera des subventions et d’autres formes de soutien financier pour réduire les risques de production de ces cultures, a affirmé jeudi Zeng Xiao’an, directeur adjoint du département du développement économique du ministère des Finances, sur un forum sur le fuel synthétique.
“Nous avons élaboré une série complète de politiques pour soutenir les biocarburants produits à partir de cultures non- alimentaires, car ce sont des sources d’énergie propre ayant un impact limité sur l’environnement”, a dit Zeng.
Les aides flexibles seront offertes aux producteurs de biocarburants qui perdent de l’argent dans ces cultures lorsque les prix du pétrole brut sont faibles, a-t-il dit, et le gouvernement encouragera les entreprises à réserver des fonds pour compenser de tels risques.
Les agriculteurs recevront 3 000 yuans (405 dollars) d’aides par hectare de produits issus de la forêts pour les biocarburants, comme l’éthanol, et le bio-diesel, et 2 700 yuans par hectare de culture pour les biocarburants, a dit Zeng.
Le ministère subventionnera aussi les projets de Chine, ainsi que la fabrication de bio-diesel à partir de produits forestiers, selon Zeng.

Québec abandonne l’éthanol-maïs

quebecLes ministres québécois Claude Béchard et Line Beauchamp se sont tous deux prononcés récemment sur la nécessité de délaisser l’éthanol de maïs pour se consacrer pleinement à l’éthanol cellulosique.

Le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, a été clair en ce qui concerne l’avenir de l’éthanol-maïs dans l’émission Enquête de Radio-Canada. « On sait qu’au niveau du maïs il y a une saturation. On ne peut pas en faire davantage sans avoir des impacts environnementaux qui seraient plus négatifs que positifs. Il faut se tourner vers d’autres sources », a déclaré le ministre en parlant de l’éthanol cellulosique.

Lorsqu’on lui fait remarquer qu’il n’y a pas encore d’usine commerciale d’éthanol cellulosique, le ministre maintient le cap. « Il y a bien des endroits où le Québec a innové, puis je pense qu’à ce niveau-là, non seulement on devra innover, on doit innover, mais il faut le faire le plus rapidement possible », a soutenu M. Béchard.

Le gouvernement a d’ailleurs injecté 6,5 M$ sur cinq ans pour soutenir l’implantation de deux usines de démonstration de production d’éthanol cellulosique en Estrie. L’usine de Westbury utilisera un procédé de gazéification des matières résiduelles urbaines, tandis que celle de Bromptonville misera sur l’hydrolyse enzymatique des matières résiduelles agricoles et forestières.

L’Europe veut favoriser les biocarburants

Europe Les biocarburants ne font pas l’unanimité, la commission européenne a donc plaidé ouvertement, jeudi dernier à Bruxelles, pour un développement des biocarburants en tenant compte des problématiques écologiques et concurrentielles.

A cette conférence était présent le président brésilien, Lula Da Silva, grand militant des biocombustibles, afin de faire un point sur ce sujet. Ce dernier mise beaucoup sur les pays pauvres et pense que les effets néfastes peuvent être évités. Fidel Castro pense tout l’inverse et ne cesse de stigmatiser les dangers des agrocarburants qui selon lui aggraveraient la faim dans le monde. La commission européenne a décidé de ne s’intéresser qu’aux impacts environnementaux de ces carburants. « Nous connaissons leurs effets négatifs sur la protection des sols, la biodiversité, la protection de l’air et les forêts du monde », admet Betina Ferrero-Waldner, commissaire aux Relations extérieures. La Commission a donc décidé d’inscrire des « normes de durabilité », c’est-à-dire favoriser les biocarburants de seconde génération encore moins polluants en CO2 et respecter les lois environnementales et les lois du travail. « Seuls les biocarburants qui respectent ces normes pourront bénéficier d’exemptions fiscales », précise le commissaire à l’Energie, Andris Piebalgs. Ces biocarburants proviendront de l’UE mais aussi d’importations. C’est à partir de ce moment qu’intervient l’économie dans l’écologie. Le commissaire de l’énergie a souligné que ces normes ne devaient pas handicaper le commerce international. Pourtant les problèmes commencent à surgir, les tarifs douaniers du Brésil s’élèvent déjà à 70% pour les importations. Le commissaire de l’Energie a pour but de les diminuer, voire les supprimer car pour lui cela rentre dans la politique du développement durable. L’Europe s’étant fixé de grandes ambitions, ces réformes semblent indispensables. En 2010, elle prévoit 10% de biocarburant dans les transports alors qu’aujourd’hui elle atteint difficilement les 3,3% … Tout cette agitation inquiète déjà les représentants de l’agriculture européenne qui voit se dessiner sous les biocarburants, la fin de la PAC. Un partenariat vient d’être conclu entre l’UE et le Brésil, mais les modalités de cette alliance n’ont pas été claires, il reste encore à trouver un juste milieu entre libéralisation des échanges et développement durable. Il reste aussi énormément de discussions et procédures mais on sent que la commission européenne prend le sujet en main.

Ile Maurice: Energie - les règles du jeu redéfinies

Ile Maurice Port Louis  

Le gouvernement met beaucoup d’énergie à s’émanciper de l’industrie sucrière en ce qui concerne la production d’électricité. Il revoit ses relations avec les centrales thermiques pour en éliminer toute générosité. De plus, il favorise l’entrée en jeu d’opérateurs qui n’ont rien à voir avec le secteur sucre.  

La production d’énergie est au coeur de la réorientation de l’industrie sucrière. Toute sa stratégie de survie face à la libéralisation du marché européen est basée sur le fait que l’éthanol et l’électricité prennent de la valeur alors que le sucre en perd. Pour autant, le gouvernement ne lui fait pas de cadeau. La politique d’énergie de ce dernier pour l’avenir défie le monopole sucrier sur la production d’énergie.  

Le premier réajustement frappe l’industrie sucrière au coeur même de ses ambitions. Le gouvernement ne cautionnera plus sans discrimination la production d’électricité à partir de la bagasse et du charbon. Actuellement, l’industrie sucrière produit l’électricité en brûlant essentiellement de la bagasse durant la récolte et principalement du charbon pendant l’entrecoupe.  

  

Selon les experts du gouvernement, si les centrales de l’industrie sucrière sont efficientes pour brûler la bagasse, elles ne le sont pas forcément pour le charbon. Une centrale carburant uniquement au charbon est jugée plus efficiente de 20 %.  

Ils estiment qu’une technologie plus adaptée est requise pour brûler le charbon de manière optimale et la moins nocive pour l’environnement. De fait, les autorités invitent les futures centrales thermiques à en utiliser le moins possible.  

Le gouvernement se prémunit ainsi contre l’éventualité où les centrales thermiques ne disposeront plus d’un volume suffisant de bagasse pour tourner de manière optimale. Une possibilité qui pourrait s’avérer si la superficie sous culture de canne à sucre se rétrécit en raison de la baisse de prix du sucre, par exemple. Le pouvoir craint alors que les centrales ne substituent la bagasse par le charbon.  

Or, outre les risques accrus pour l’environnement, la substitution de la bagasse par le charbon pose un problème commercial. L’industrie sucrière continuerait à se faire payer à un prix agréé pour la bagasse alors qu’en réalité, elle produirait l’électricité à partir du charbon… Tout du moins, le ratio bagasse-charbon aurait changé. À l’avenir, les contrats d’achat d’électricité conclus avec l’industrie sucrière devront prévoir cette possibilité.  

FUEL et Médine principalement concernées par la nouvelle donne  

Ces précautions sont dictées par la perception que l’électricité produite par l’industrie sucrière coûte beaucoup trop chère à l’Etat. La grille de prix d’achat du kilowatt par heure est négociée individuellement avec chaque centrale. Jusqu’ici, le Central Electricity Board (CEB) a acheté du courant à l’industrie sucrière à un prix basé sur ce que cela lui aurait coûté d’en produire lui-même.  

Le gouvernement préconise donc un nouveau mécanisme pour la détermination des prix. La nécessité d’encourager l’industrie sucrière à produire de l’électricité à partir de la bagasse sera retenue comme un critère. Mais d’autres paramètres seront également pris en compte, notamment la disponibilité d’autres fournisseurs d’électricité, plus compétitifs.  

En clair, les centrales de l’industrie sucrière devront compter sur leur seule compétitivité pour exister. Actuellement, elles sont considérées comme étant peu flexibles, ce qui augmenterait sensiblement les coûts du CEB.  

Du reste, le CEB entend ne plus subventionner les investissements consentis par les sucriers pour se doter de capacité de production. L’industrie sucrière devra recouvrer ses investissements sur les autres lignes de production (sucres et éthanol) également puisqu’une partie des équipements est utilisée en commun par les trois.  

Environ 50 % des investissements dans une usine sucrière servent à financer la chaudière et le turboalternateur. Cette installation fournit l’usine sucrière en vapeur et électricité. En retour, l’usine fournit la centrale en bagasse qui est brûlée pour produire la vapeur qui à son tour fait tourner la turbine. L’industrie sucrière produit actuellement 42 % des besoins nationaux en électricité.  

En vendant l’excédant d’électricité au CEB, l’industrie sucrière optimise le retour sur l’investissement. C’est d’ailleurs à cette condition que les sucriers ont pu soutenir la centralisation des activités usinières, opération qui requiert d’énormes investissements pour augmenter la capacité des usines existantes. L’adoption du charbon comme combustible durant la moitié de l’année sert la même logique. La centrale peut ainsi tourner toute l’année plutôt que de rester fermée pendant l’entrecoupe, quand la bagasse n’est plus disponible.  

FUEL et Médine subiront de plein fouet l’impact de la nouvelle politique énergétique du gouvernement. D’ici 2009, l’usine et la centrale de Beau-Champ auront centralisé sur FUEL qui sera alors en mesure de produire 22 Mw de plus. Cela portera sa contribution sur le réseau national à 49 Mw. L’entrée en opération de la centrale de Médine (21 Mw) est prévue pour 2011. Elle dépendra toutefois de la demande pour l’électricité à ce moment précis.  

En outre, le gouvernement diversifie ses sources d’approvisionnement en électricité. Jusqu’à présent, le paysage est dominé par deux opérateurs : le CEB qui produit 58 % des besoins nationaux et l’industrie sucrière qui fournit le reste. À l’avenir, d’autres opérateurs viendront partager le marché.  

L’opérateur malais CT Power installe sa première centrale à Pointe-aux-Caves. Elle tournera au charbon et produira 50 Mw. L’opérateur en construira une autre de la même capacité d’ici 2010, soit peu avant Médine. Gamma Energy entrera en scène d’ici 2009. Ce nouvel acteur sur la scène énergétique compte produire 20 Mw en brûlant des déchets municipaux.  

Autant dire que le gouvernement se donne les moyens pour échapper au monopole de l’industrie sucrière. En faisant jouer un plus grand nombre d’acteurs, les autorités veulent pouvoir être en meilleure position pour dicter les règles du jeu. Le prix du kilowatt-heure en particulier.  

De l’éthanol pour les voitures l’année prochaine  

Au moins 20 % du capital des usines sucrières et des centrales thermiques sont détenus par les petits planteurs et employés de l’industrie sucrière. Le gouvernement veut améliorer cette participation. La réforme du secteur est l’occasion rêvée pour le faire.  

La production d’éthanol est le moyen par lequel le gouvernement veut faire avancer la cause de la démocratisation. L’éthanol est pressenti pour être un des piliers de la nouvelle industrie sucrière. Le secteur s’organise pour en produire au moins 30 millions.  

Les compagnies fabriquant l’alcool devront ouvrir leurs capitaux aux différents partenaires impliqués dans la production du carburant, est-il préconisé dans le document retraçant les grandes lignes de la politique énergétique nationale. L’accès à la mélasse, à partir de laquelle l’éthanol sera fabriqué dans un premier temps, pourrait être une des conditions dictant le partenariat entre les différents acteurs.  

En parallèle, le gouvernement s’attelle à introduire le carburant vert dans l’île. Il a commandé une étude sur la faisabilité du projet avant d’entraîner le pays dans cette voie. Les conclusions sont attendues vers la fin de l’année.  

Les autorités espèrent proposer le E10 pour le transport vers le milieu de l’année prochaine. L’objectif est de remplacer 5 % de la consommation nationaleen carburants d’origine pétrolière d’ici 2015.  

Pour en arriver là, l’éthanol devra soutenir le test du marché. Il devra pouvoir se faire accepter par les consommateurs à la force de sa qualité, de son efficience et de sa compétitivité en termes de prix.  

Le pouvoir reconnaît que les consommateurs pourraient avoir besoin d’incitations pour passer à l’éthanol. La seule option envisageable pour le moment est d’introduire une dose de soutien au nom de la protection de l’environnement. Au-delà de ce seuil, le gouvernement veut préserver la cohérence de sa politique de rationalisation des subventions.  

Un régulateur indépendant  

La demande pour l’électricité croît rapidement. Selon le Central Electricity Board (CEB), elle passera de 2 015 GWh en 2005 à 3 092 GWh en 2013, soit une hausse de plus de 53 %. À ce rythme, Maurice devra investir jusqu’à Rs 80 milliards d’ici l’an 2025 pour subvenir aux besoins nationaux en électricité.  

La stratégie du gouvernement est de partager cette charge avec le secteur privé. Pour mieux mobiliser l’investissement privé, l’État se résout finalement à instituer un cadre régulateur, géré par une autorité indépendante.  

Un des contentieux récurrents dans le domaine de la production d’électricité est que le CEB est à la fois juge et parti. Cet organisme produit de l’électricité, administre le réseau de distribution et dicte le prix d’achat d’électricité des opérateurs indépendants.  

La création d’ici la fin de l’année prochaine d’une “Utility Regulatory Authority” mettra un terme à ce cumul de rôle longtemps décrié par les opérateurs privés. Le nouvel organisme s’occupera de tout ce qui concerne l’administration du secteur énergétique qui inclut l’eau et l’électricité. Le CEB ne sera plus qu’un producteur d’électricité au même titre que les centrales indépendantes.  

200 M$ de subvention pour l’éthanol canadien : rendre obligatoire l’injection de 5 % d’éthanol dans l’essence d’ici 2010

Canada ottawa

Le gouvernement fédéral mousse son programme de promotion des biocarburants avec un lancement dans une station Sonic. C’est lors d’une conférence de presse tenue hier, dans une station Sonic de Laval, qu’Agriculture Canada a précisé la nature de l’aide de 200 M$ pour les biocarburants qui avaient été annoncée en décembre dernier.  

Il s’agira donc d’un programme de prêts remboursables pouvant couvrir jusqu’à 25 % des coûts d’un projet d’agrandissement ou de construction d’usine de biocarburants pour un maximum octroyé de 25 M$. Le prêt sera remboursable sur dix ans à partir de la troisième année. L’enveloppe de 200 M$ sera disponible pour les quatre prochaines années. Ce programme, baptisé Investissement écoagricole dans les biocarburants (IIEB), s’ajoute aux 145 M$ consacrés à la recherche et au développement. Le tout faisait partie d’une enveloppe de 345 M$ dévoilée en décembre à La Coop fédérée à Montréal.   Le gouvernement conservateur entend rendre obligatoire l’injection de 5 % d’éthanol dans l’essence d’ici 2010 et de 2 % de biodiésel dans le diésel d’ici 2012.  Les producteurs américains d’éthanol reçoivent quelque 51 cents du gallon d’éthanol produit et pouvaient rentabiliser des usines en moins de trois ans jusqu’à tout récemment. Ce n’est pas le cas au Canada, mais des projets voient malgré tout le jour un peu partout sur le territoire.    

  

La compétitivité brésilienne freinée par le protectionnisme américain sur l’éthanol

images4.jpgLe président brésilien Luiz  Inacio Lula da Silva a qualifié la taxe douanière élevée imposée  par les Etats-Unis sur l’éthanol brésilien d’absurde. 
Dans une émission à la radio, le président Lula a révélé que la question sur ce carburant distillé à base de canne à sucre serait  abordée lors de la prochaine visite du président américain George  W. Bush en fin de semaine. 
La semaine dernière, les représentants de l’industrie de la  canne à sucre du Brésil ont demandé au président Lula de négocier  une baisse de cette taxe avec le gouvernement américain. 
Actuellement, les exportateurs brésiliens sont dans  l’obligation de payer une taxe de 2,5% pour chaque gallon  d’éthanol vendu sur le marché américain. 
Les Etats-Unis constituent le premier marché d’éthanol du  Brésil, avec des importations d’une valeur de deux milliards de  litres d’éthanol en 2006.

L’ONU veut etablir un marché mondial des biocarburants destiné à stimuler l’utilisation de l’éthanol

images3.jpgDes travaux ont été lancés à l’ONU. L’objectif : “Etablir un marché mondial des biocarburants destiné à stimuler l’utilisation de l’éthanol et du biodiesel (produits à partir d’espèces végétales) en remplacement des carburants fossiles qui contribuent au réchauffement de la planète.

Le marché des biocarburants permettrait d’établir des cours pour l’éthanol dont l’importation est frappée, aux Etats-Unis et en Europe, de surtaxes destinées à protéger les agricultures nationales. L’opération passerait aussi par l’harmonisation des normes de production, variables en fonction des pays et des cultures (canne à sucre au Brésil, maïs aux Etats-Unis, betterave et tournesol en Europe).” Cinq pays (Brésil, Etats-Unis, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud) et l’Union européenne ont décidé de créer un Forum international des biocarburants au sein duquel ils constitueront deux groupes de travail : le premier consacré à l’échange de technologies, le second à l’établissement de “standards” en termes de qualité, de transport ou de distribution. 

Contrairement à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), le Forum réunit producteurs et consommateurs. Une conférence internationale sur les biocarburants pourrait aussi se tenir en 2008 au Brésil. Le 8 mars débute à Sao Paulo une tournée en Amérique latine. Le président Lula devrait évoquer la levée d’une surtaxe américaine de 0,14 dollar par litre sur les importations d’éthanol brésilien. Antonio Simoes, chargé de l’énergie au ministère brésilien des relations extérieures, a déclaré : “Nous voulons vendre notre modèle et montrer à d’autres pays comment faire. Le Brésil est, au coude à coude avec les Etats-Unis, le premier producteur et exportateur d’éthanol. Près de 90 % des voitures neuves y sont équipées de moteurs “flex fuel” qui fonctionnent aussi bien à l’essence qu’à l’éthanol. PSA Peugeot Citroën va commencer à produire, au Brésil, ces moteurs pour le marché français.”  Les concepteurs du Forum mettent en avant que “la production des biocarburants permettrait aux pays en développement de rétablir leur balance commerciale, de réduire l’exode rural et d’investir dans la santé ou l’éducation les économies réalisées. Les pays occidentaux réduiraient pour leur part leur dépendance à l’égard d’une énergie polluante et aux réserves limitées, détenues par des pays dont les régimes leur sont parfois hostiles.” D’après Tyler Volk, professeur à l’université de New York, “la création d’un marché mondial des biocarburants est positive car elle pousse les gens à penser dans de nouvelles directions. Mais la production massive d’éthanol pourrait augmenter la pression sur les terres cultivables, faire monter les prix de la nourriture et accélérer la déforestation.” Les dommages collatéraux écolos en somme. 

Le Japon s’allie au Brésil pour sécuriser sa production d’éthanol

images2.jpgimages1.jpgDe toutes les questions soulevées par les changements climatiques en cours, celles relatives à la fourniture d’énergie ne sont pas près de quitter le haut de l’affiche, tant il est certain que l’immense majorité des populations n’acceptera jamais de modifier son mode de vie, au point de revenir ne serait-ce que cinquante ans en arrière.
Parce que l’homme y travaille depuis longtemps déjà, existent aujourd’hui des milliers de technologies susceptibles de se passer des énergies fossiles. Ces technologies présentant des rendements et des bilans écologiques d’une diversité extrême, il va falloir les évaluer, les faire progresser, les réévaluer et ainsi de suite, bref les soumettre à une démarche scientifique, et cela à une échelle jamais connue dans l’Histoire. L’effort requis est tel qu’il exige de tous, gouvernements, entreprises et citoyens, de se mobiliser, chacun à son meilleur niveau.
Si on laisse au seul marché le soin de prendre en compte le défi auquel nous sommes acculés, nous irons dans le mur. Le marché est un formidable régulateur, du moins lorsqu’il s’exerce sans distorsions majeures, mais un piètre anticipateur. De plus, soumis à la psychologie des hommes, il agit par coups de boutoir lorsque la confiance est perdue, comme nous l’ont montré une fois de plus les bourses de la planète la semaine dernière, après la déclaration hasardeuse d’un membre du gouvernement chinois.
Ne comptons pas outre mesure sur une mobilisation citoyenne de grande ampleur, tant sont majoritaires ceux qui se soucient de l’avenir du monde comme d’une guigne.
Reste donc aux gouvernements de donner le ton. À ma connaissance, un seul a aujourd’hui pris la mesure des enjeux. Il y a deux ans, la Suède s’est donné comme objectif d’en finir avec le pétrole en vingt ans. Cela ne sera sans doute pas suffisant, mais cela a au moins le mérite d’être réaliste. Comme Français, j’espérais qu’un candidat à l’investiture suprême reprenne à son compte une ambition de cette ordre. J’ai espéré en vain.
Sans qu’on puisse affirmer qu’il agisse au nom d’une stratégie du même ordre que la Suède, le Japon prépare aussi la fin du pétrole. L’éthanol sera un des produits de substitution. Disposant de peu de surfaces agricoles mais de relais de premier ordre au Brésil, grâce au million de Brésiliens d’origine japonaise, la plupart qualifiés et entreprenants, le Japon a trouvé ici le partenaire qui lui convient.
Mitsui est le conglomérat japonais chargé de mettre en œuvre cette stratégie. L’entreprise publique Petrobras sera son partenaire brésilien. Ensemble, ils vont construire 40 unités de production d’alcool d’ici 2010, ce qui représente un investissement de 8 milliards de dollars, ouvert à d’autres partenaires.
La banque japonaise JBIC est le bras armé financier du projet. Mitsui et Petrobras créeront ensemble une filiale japonaise de distribution d’éthanol.
Pour le Japon, il importe que la fourniture d’éthanol soit sûre et de long terme. L’approvisionnement est garanti jusqu’en 2026.
Le 9 mars, George Bush peut bien venir les mains vides, le Brésil est moins pressé. Et sait que son heure viendra pour exporter, dans de meilleures conditions, vers les États-Unis.