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Bruxelles :conférence internationale sur les carburants issus des produits agricoles
La conférence internationale sur les carburants issus des produits agricoles, à Bruxelles, a permis jeudi au président brésilien Luiz Inacio Lula Da Silva de présenter cette source alternative d’énergie comme le moyen de réduire le fossé entre pays riches et pauvres.
Mais dans le même temps, le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson a mis en garde contre les risques de déforestation liés à l’essor des biocarburants. Pour le président Lula, en tournée européenne de promotion de ces agrocarburants, leur bénéfice est double puisqu’ils contribuent à la lutte contre le réchauffement climatique, via une baisse des émissions de dioxyde de carbone et aident les pays en développement à devenir des exportateurs d’énergie. “Tout individu dispose de la technologie et du savoir pour creuser un petit trou de 30 centimètres et planter un oléagineux qui puisse produire de l’énergie, cette énergie qu’il ne pouvait produire au XXe siècle”, a souligné M. Lula, qui avait signé la veille à Lisbonne un “partenariat stratégique” avec l’UE prévoyant un approfondissement des recherches en matières de biocarburants. A ses yeux, le boom que connaissent les biocarburants donne aux pays riches l’opportunité d’aider les pays moins bien lotis économiquement, une allusion aux barrières douanières sur l’éthanol qui ont fait reculer les exportations brésiliennes à destination de l’Union européenne. “Vingt pays produisent (aujourd’hui) de l’énergie pour approximativement 200 autres”, a-t-il souligné. “Avec l’adoption des biocarburants, plus de 100 pays produiront de l’énergie, ce qui rendra l’accès à l’énergie plus démocratique.” “Il est important d’examiner cette question avec l’idée de donner une chance à ceux qui n’en avaient pas au XXe siècle”, a-t-il ajouté, notant que les biocarburants pouvaient aussi permettre d’éviter des conflits dans le monde. Avant lui, le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, avait estimé que l’Europe devait accepter d’importer une large part de ses biocarburants, jugeant peu probable que l’UE parvienne à respecter son objectif de remplacement d’ici 2020 de 10% des carburants de transport par ces nouveaux carburants sans intensifier le commerce extérieur. Un effort destiné à réduire les importations d’hydrocarbures et les émissions de gaz carbonique. “Nous ne devrions pas favoriser une production européenne de biocarburants, avec une faible performance en matière de dioxyde de carbone, si nous pouvons importer des biocarburants moins chers et plus propres”, a-t-il relevé. Des propos qui laissent peu d’espoirs d’aide supplémentaire aux agriculteurs européens. Le colza est déjà cultivé partout en Europe à la faveur de subventions gouvernementales destinées à soutenir la transformation de cet oléagineux en biodiesel, pourtant plus polluant que l’éthanol dérivé de la canne à sucre ou du maïs. Au-delà de ces considérations commerciales, M. Mandelson a averti que l’UE ne pouvait tolérer qu’une montée en puissance des biocarburants se transforme en “une ruée dommageable pour l’environnement dans le monde en développement”. “Les Européens ne verseront pas de prime pour les biocarburants si l’éthanol dans leur voiture est produit par la destruction systématique des champs après celle des récoltes ou si cela se fait aux dépens des forêts tropicales”, a-t-il martelé. Selon les Nations unies, la production d’éthanol tiré du maïs devrait doubler entre 2006 et 2016 aux Etats-Unis. Dans l’UE, le volume d’oléagineux -essentiellement le colza- destinés à la production d’agrocarburants devrait passer, dans le même temps, d’un peu plus de 10 millions de tonnes en 2006 à 21 millions de tonnes en 2016
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