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BIOCARBURANTS :la France s’organise sous la pression européenne
« Tripler la production française de biocarburants », tel est l’engagement pris par Jean-Pierre Raffarin le 17 septembre 2004.
Avec cette annonce, reprise aujourd’hui par plusieurs responsables politiques, le dossier des biocarburants revient sur le devant de la scène.
Et pour cause. Le gouvernement voudrait d’abord pouvoir respecter ses engagements de réduction des gaz à effet de serre pris lors des accords de Kyoto.
Ensuite, une directive européenne incite à l’incorporation de carburants verts (éthanol ou Diester) dans les carburants fossiles classiques (essence et diesel) à hauteur de 2% en 2005 et de 5.75% en 2010. Or, la France en est loin. En 2004, seuls 0.95% d’esters d’huiles et 0.4% d’éthanol ont été incorporés.Des enjeux environnementaux mais aussi économiques
« L’impact de la filière éthanol sur l’effet de serre est environ 2,5 fois inférieur à celui de la filière essence. L’impact du Diester est 3,5 fois inférieur à celui du gazole. »
Par ailleurs, les moteurs fonctionnant “au vert” émettent moins de particules, d’hydrocarbures aromatiques ou de soufre. Enfin, les biocarburants jouent un rôle économique non négligeable.
Précurseur en Europe il y a près de quinze ans en lançant la production de Diester et d’éthanol, la France est maintenant dépassée par d’autres pays. Depuis 2001, l’Allemagne est devenue le premier producteur européen de biodiesel. Et du côté de l’éthanol, la France est aussi reléguée au second rang, derrière l’Espagne, qui développe fortement cette filière depuis trois ans.
Les raisons de ces bouleversements sont principalement politiques. Alors que le frein majeur au développement des biocarburants reste leur coût, la mise en place d’une défiscalisation est importante, ce qu’ont très bien compris l’Allemagne et l’Espagne, dont les gouvernements proposent des réductions de taxes conséquentes. Reste maintenant à savoir si la nouvelle volonté politique en France pourra permettre de rattraper le retard.
Hors Europe, deux pays dominent le marché : les États-Unis et le Brésil qui produisent à eux seuls 95% de l’éthanol carburant dans le monde. Le Brésil renforce chaque année sa position de leader dans le commerce mondial.
Fait nouveau avec la hausse du prix du pétrole, de nombreux autres pays envisagent le lancement de programmes nationaux (Inde, Amérique Centrale, Chine, Canada…). Il s’agit presque toujours d’éthanol, la fabrication de Diester étant principalement européenne : le marché des carburants y est marqué par une domination de la consommation de gazole.
D’abord leur coût de production, qui est supérieur à celui des carburants fossiles. Selon Stéphane His, économiste à l’Institut Français du Pétrole (IFP), « on peut considérer qu’en Europe les carburants verts sont compétitifs pour un baril de pétrole à 80 dollars ».
Autre problème, la disponibilité des ressources : le développement des biocarburants entraîne une concurrence avec la filière alimentaire pour l’usage des terres.
Enfin, le troisième obstacle est la formation importante de co-produits, qui risquent de voir leurs débouchés se saturer.
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