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Archive pour mai
Débat : comment concilier libéralisme et défi alimentaire ?
3.5.2007 par N.M..
Le niveau des stocks mondiaux de céréales inquiète… Il constitue surtout une bonne nouvelle : il va falloir produire… Mais comment ? Beaucoup estiment que la question du défi alimentaire est impossible à relever avec des marchés si volatils. L’OMC se casse les dents sur le dossier agricole, le monde alimentaire navigue à vue et l’écart entre offre et demande se creuse. Politiques, coopératives et syndicalistes tombent d’accord sur un point : cela ne peut durer. Quant à la forme que pourrait prendre une régulation mondiale, les points de vue divergent.
Rien ne va plus sur les marchés agricoles : offre plombée par deux années difficiles, demande en hausse tirée par la viande, les biocarburants… La bonne tenue de tous les cours et les marchés à terme au plus haut sont des indices qui ne trompent pas. Aux USA, les cotations du maïs à terme sont carrément « off the chart ». L’exigence d’une agriculture forte et productive ressurgit dans les esprits. Il y a une planète à nourrir… Si la situation est déjà tendue aujourd’hui, qu’en serat- il lorsque neuf milliards de bouches réclameront leur dû, que le pétrole aura besoin d’un successeur, et tout cela en plein réchauffement climatique ? Pour l’agriculteur, la conclusion est simple : il va falloir produire, relever la tête et retrousser les manches. La production alimentaire doit donc faire son come-back, et les derniers quintaux risquent de devenir indispensables !
DEMANDE EN HAUSSE CONSTANTE
Chine, Inde et Russie, pour ne citer qu’elles, s’occidentalisent à vitesse grand V. Et qui dit Occident, dit viande. « Pour fabriquer 1 calorie animale, il faut entre 4 et 11 calories végétales », précise Christian Pèes dans son livre L’arme alimentaire, les clés de l’indépendance(1). Et à ce mouvement de fond s’ajoute la ruée sur les biocarburants. Avec une centaine d’usines à travers le pays, les USA consacrent ainsi 20 % de leur production de maïs à l’éthanol, contre 6 % en 2000. Ce sont, d’après la FAO, plus de 55 millions de tonnes qui sortent des circuits classiques. Et ce n’est qu’un début… Selon l’ONIGC, la multiplication des hectares de maïs carburant pourrait bouleverser l’ensemble des assolements céréaliers d’Amérique du Nord, notamment dans les grands bassins de production des blés de printemps comme les États du Dakota. Le Canada, premier exportateur mondial en plein déstockage depuis la récolte record de 2005/2006, ne pourra sans doute pas compenser puisqu’il prépare lui aussi l’ouverture de nouvelles unités de biodiesel et d’éthanol pour 2007/2008. L’ONIGC prévoit d’ailleurs une augmentation des surfaces dédiées au canola, au soja et au blé fourrager, au détriment du blé dur. Autrement dit, c’est une voie royale qui s’ouvre pour le blé dur français dont les surfaces atteignent 450 000 hectares sur cette campagne. Pour l’Office, il reste en France un potentiel d’extension d’au moins 50 000 hectares sur cette culture dont les cours semblent durablement élevés. La conséquence, c’est qu’il va falloir produire pour combler cette demande dynamique à long terme. « La situation des céréales va sans doute obliger la société à adopter des politiques moins négatives à l’égard de la production », anticipe Philippe Chalmin.
ILS VEULENT REVISITER LE COMMERCE MONDIAL
Mais comme le note Pierre Pagesse, président du groupe Limagrain (interview page 20), la production ne peut s’installer durablement à la hausse que si la volatilité des cours est contenue. Les produits agricoles ne sont pas des produits financiers et une régulation mondiale s’impose car s’il est facile de mettre la clé sous la porte quand les cours diminuent, rouvrir la boutique le jour où l’on en a besoin est une autre paire de manches. Or, en matière de commerce international, c’est l’OMC qui fait la pluie et le beau temps. Mais voilà, le mandat de l’Organisation porte sur les droits de douanes, point barre. Autrement dit, le travail de l’OMC consiste d’abord à mettre sur un pied d’égalité des produits en provenance de pays ne respectant absolument pas les mêmes règles de jeu. D’où un nivellement par le bas, l’absence totale de visibilité sur la production et l’impossibilité pour les agriculteurs européens de valoriser leurs efforts pour la protection de l’environnement ou le respect de règles sociales. Et dans son livre-rapport à paraître sur la mondialisation(2), Hervé Gaymard (interview page 21) ne dit pas autre chose : « Seule une approche réaliste de l’OMC peut permettre d’accuser le manque crucial d’un lieu de discussion et de négociation où seraient traités ensemble, d’un même mouvement, commerce, conditions de travail, normes, alimentation, environnement », écrit l’ancien ministre de l’Agriculture.
ET SI LA SOLUTION ÉTAIT DANS LE SYSTÈME ?
Un constat que partage Laurent Fischer, vice président du CEJA, Conseil européen des jeunes agriculteurs. En marge des nombreuses voix qui s’élèvent pour réclamer une gouvernance mondiale, une structure au-dessus ou à côté de l’OMC, Laurent Fischer milite pour une solution à l’intérieur même du système : « À l’OMC, tu te fiches que des gamins fassent le travail ou que tu saccages l’environnement pour produire. Or, nous ne pourrons plus trouver d’accords à l’OMC sans prendre en compte les éléments sociaux et environnementaux. C’est une évidence, mais je ne vois pas comment une organisation parallèle pourrait y changer quelque chose. Je n’imagine pas que l’OMC puisse tenir compte de l’avis d’un autre organisme. Nous devons donc régler le problème en son sein et constituer des zones homogènes dans lesquelles les gens jouent avec les mêmes règles du jeu. Sinon, les droits de douane sont là », résume-t-il. Dans sa vision, ce ne sont plus 185 pays qui se retrouveront à l’OMC pour chacun tirer son épingle du jeu, mais cinq ou six grands groupes, dont l’UE malgré ses défauts constitue d’ailleurs un bon exemple. Avec un tel système, chaque bloc peut choisir de se développer et de valoriser ses efforts à l’intérieur de ses frontières. Fini la prime au qualitatif, social, ou environnemental ! Sans aller aussi loin dans le raisonnement, c’est peut être bien un cadre international au développement durable que propose le responsable syndical. Mais tout ce débat survient dans un contexte bien particulier : celui de la réactivation des négociations internationales sur le commerce des produits agricoles. Et si, finalement, tout ce remue-ménage n’était qu’un écran de fumée destiné à discréditer l’OMC pour masquer des positions faibles ? Laurent Fischer s’en défend avec énergie : « Les Jeunes Agriculteurs militent sur ce dossier depuis leur congrès mondial de 2001. Je crois au contraire que c’est maintenant qu’il faut en parler : on critique beaucoup Pascal Lamy mais en tant que directeur de l’OMC, et de part son profil, c’est certainement la personne qui peut changer les règles. Quant à son successeur en 2009, je ne me fais pas beaucoup d’illusions », prévient-il.
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Ile Maurice: Energie - les règles du jeu redéfinies
1.5.2007 par N.M..
Port Louis
Le gouvernement met beaucoup d’énergie à s’émanciper de l’industrie sucrière en ce qui concerne la production d’électricité. Il revoit ses relations avec les centrales thermiques pour en éliminer toute générosité. De plus, il favorise l’entrée en jeu d’opérateurs qui n’ont rien à voir avec le secteur sucre.
La production d’énergie est au coeur de la réorientation de l’industrie sucrière. Toute sa stratégie de survie face à la libéralisation du marché européen est basée sur le fait que l’éthanol et l’électricité prennent de la valeur alors que le sucre en perd. Pour autant, le gouvernement ne lui fait pas de cadeau. La politique d’énergie de ce dernier pour l’avenir défie le monopole sucrier sur la production d’énergie.
Le premier réajustement frappe l’industrie sucrière au coeur même de ses ambitions. Le gouvernement ne cautionnera plus sans discrimination la production d’électricité à partir de la bagasse et du charbon. Actuellement, l’industrie sucrière produit l’électricité en brûlant essentiellement de la bagasse durant la récolte et principalement du charbon pendant l’entrecoupe.
Selon les experts du gouvernement, si les centrales de l’industrie sucrière sont efficientes pour brûler la bagasse, elles ne le sont pas forcément pour le charbon. Une centrale carburant uniquement au charbon est jugée plus efficiente de 20 %.
Ils estiment qu’une technologie plus adaptée est requise pour brûler le charbon de manière optimale et la moins nocive pour l’environnement. De fait, les autorités invitent les futures centrales thermiques à en utiliser le moins possible.
Le gouvernement se prémunit ainsi contre l’éventualité où les centrales thermiques ne disposeront plus d’un volume suffisant de bagasse pour tourner de manière optimale. Une possibilité qui pourrait s’avérer si la superficie sous culture de canne à sucre se rétrécit en raison de la baisse de prix du sucre, par exemple. Le pouvoir craint alors que les centrales ne substituent la bagasse par le charbon.
Or, outre les risques accrus pour l’environnement, la substitution de la bagasse par le charbon pose un problème commercial. L’industrie sucrière continuerait à se faire payer à un prix agréé pour la bagasse alors qu’en réalité, elle produirait l’électricité à partir du charbon… Tout du moins, le ratio bagasse-charbon aurait changé. À l’avenir, les contrats d’achat d’électricité conclus avec l’industrie sucrière devront prévoir cette possibilité.
FUEL et Médine principalement concernées par la nouvelle donne
Ces précautions sont dictées par la perception que l’électricité produite par l’industrie sucrière coûte beaucoup trop chère à l’Etat. La grille de prix d’achat du kilowatt par heure est négociée individuellement avec chaque centrale. Jusqu’ici, le Central Electricity Board (CEB) a acheté du courant à l’industrie sucrière à un prix basé sur ce que cela lui aurait coûté d’en produire lui-même.
Le gouvernement préconise donc un nouveau mécanisme pour la détermination des prix. La nécessité d’encourager l’industrie sucrière à produire de l’électricité à partir de la bagasse sera retenue comme un critère. Mais d’autres paramètres seront également pris en compte, notamment la disponibilité d’autres fournisseurs d’électricité, plus compétitifs.
En clair, les centrales de l’industrie sucrière devront compter sur leur seule compétitivité pour exister. Actuellement, elles sont considérées comme étant peu flexibles, ce qui augmenterait sensiblement les coûts du CEB.
Du reste, le CEB entend ne plus subventionner les investissements consentis par les sucriers pour se doter de capacité de production. L’industrie sucrière devra recouvrer ses investissements sur les autres lignes de production (sucres et éthanol) également puisqu’une partie des équipements est utilisée en commun par les trois.
Environ 50 % des investissements dans une usine sucrière servent à financer la chaudière et le turboalternateur. Cette installation fournit l’usine sucrière en vapeur et électricité. En retour, l’usine fournit la centrale en bagasse qui est brûlée pour produire la vapeur qui à son tour fait tourner la turbine. L’industrie sucrière produit actuellement 42 % des besoins nationaux en électricité.
En vendant l’excédant d’électricité au CEB, l’industrie sucrière optimise le retour sur l’investissement. C’est d’ailleurs à cette condition que les sucriers ont pu soutenir la centralisation des activités usinières, opération qui requiert d’énormes investissements pour augmenter la capacité des usines existantes. L’adoption du charbon comme combustible durant la moitié de l’année sert la même logique. La centrale peut ainsi tourner toute l’année plutôt que de rester fermée pendant l’entrecoupe, quand la bagasse n’est plus disponible.
FUEL et Médine subiront de plein fouet l’impact de la nouvelle politique énergétique du gouvernement. D’ici 2009, l’usine et la centrale de Beau-Champ auront centralisé sur FUEL qui sera alors en mesure de produire 22 Mw de plus. Cela portera sa contribution sur le réseau national à 49 Mw. L’entrée en opération de la centrale de Médine (21 Mw) est prévue pour 2011. Elle dépendra toutefois de la demande pour l’électricité à ce moment précis.
En outre, le gouvernement diversifie ses sources d’approvisionnement en électricité. Jusqu’à présent, le paysage est dominé par deux opérateurs : le CEB qui produit 58 % des besoins nationaux et l’industrie sucrière qui fournit le reste. À l’avenir, d’autres opérateurs viendront partager le marché.
L’opérateur malais CT Power installe sa première centrale à Pointe-aux-Caves. Elle tournera au charbon et produira 50 Mw. L’opérateur en construira une autre de la même capacité d’ici 2010, soit peu avant Médine. Gamma Energy entrera en scène d’ici 2009. Ce nouvel acteur sur la scène énergétique compte produire 20 Mw en brûlant des déchets municipaux.
Autant dire que le gouvernement se donne les moyens pour échapper au monopole de l’industrie sucrière. En faisant jouer un plus grand nombre d’acteurs, les autorités veulent pouvoir être en meilleure position pour dicter les règles du jeu. Le prix du kilowatt-heure en particulier.
De l’éthanol pour les voitures l’année prochaine
Au moins 20 % du capital des usines sucrières et des centrales thermiques sont détenus par les petits planteurs et employés de l’industrie sucrière. Le gouvernement veut améliorer cette participation. La réforme du secteur est l’occasion rêvée pour le faire.
La production d’éthanol est le moyen par lequel le gouvernement veut faire avancer la cause de la démocratisation. L’éthanol est pressenti pour être un des piliers de la nouvelle industrie sucrière. Le secteur s’organise pour en produire au moins 30 millions.
Les compagnies fabriquant l’alcool devront ouvrir leurs capitaux aux différents partenaires impliqués dans la production du carburant, est-il préconisé dans le document retraçant les grandes lignes de la politique énergétique nationale. L’accès à la mélasse, à partir de laquelle l’éthanol sera fabriqué dans un premier temps, pourrait être une des conditions dictant le partenariat entre les différents acteurs.
En parallèle, le gouvernement s’attelle à introduire le carburant vert dans l’île. Il a commandé une étude sur la faisabilité du projet avant d’entraîner le pays dans cette voie. Les conclusions sont attendues vers la fin de l’année.
Les autorités espèrent proposer le E10 pour le transport vers le milieu de l’année prochaine. L’objectif est de remplacer 5 % de la consommation nationaleen carburants d’origine pétrolière d’ici 2015.
Pour en arriver là, l’éthanol devra soutenir le test du marché. Il devra pouvoir se faire accepter par les consommateurs à la force de sa qualité, de son efficience et de sa compétitivité en termes de prix.
Le pouvoir reconnaît que les consommateurs pourraient avoir besoin d’incitations pour passer à l’éthanol. La seule option envisageable pour le moment est d’introduire une dose de soutien au nom de la protection de l’environnement. Au-delà de ce seuil, le gouvernement veut préserver la cohérence de sa politique de rationalisation des subventions.
Un régulateur indépendant
La demande pour l’électricité croît rapidement. Selon le Central Electricity Board (CEB), elle passera de 2 015 GWh en 2005 à 3 092 GWh en 2013, soit une hausse de plus de 53 %. À ce rythme, Maurice devra investir jusqu’à Rs 80 milliards d’ici l’an 2025 pour subvenir aux besoins nationaux en électricité.
La stratégie du gouvernement est de partager cette charge avec le secteur privé. Pour mieux mobiliser l’investissement privé, l’État se résout finalement à instituer un cadre régulateur, géré par une autorité indépendante.
Un des contentieux récurrents dans le domaine de la production d’électricité est que le CEB est à la fois juge et parti. Cet organisme produit de l’électricité, administre le réseau de distribution et dicte le prix d’achat d’électricité des opérateurs indépendants.
La création d’ici la fin de l’année prochaine d’une “Utility Regulatory Authority” mettra un terme à ce cumul de rôle longtemps décrié par les opérateurs privés. Le nouvel organisme s’occupera de tout ce qui concerne l’administration du secteur énergétique qui inclut l’eau et l’électricité. Le CEB ne sera plus qu’un producteur d’électricité au même titre que les centrales indépendantes.
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200 M$ de subvention pour l’éthanol canadien : rendre obligatoire l’injection de 5 % d’éthanol dans l’essence d’ici 2010
1.5.2007 par N.M..
Le gouvernement fédéral mousse son programme de promotion des biocarburants avec un lancement dans une station Sonic. C’est lors d’une conférence de presse tenue hier, dans une station Sonic de Laval, qu’Agriculture Canada a précisé la nature de l’aide de 200 M$ pour les biocarburants qui avaient été annoncée en décembre dernier.
Il s’agira donc d’un programme de prêts remboursables pouvant couvrir jusqu’à 25 % des coûts d’un projet d’agrandissement ou de construction d’usine de biocarburants pour un maximum octroyé de 25 M$. Le prêt sera remboursable sur dix ans à partir de la troisième année. L’enveloppe de 200 M$ sera disponible pour les quatre prochaines années. Ce programme, baptisé Investissement écoagricole dans les biocarburants (IIEB), s’ajoute aux 145 M$ consacrés à la recherche et au développement. Le tout faisait partie d’une enveloppe de 345 M$ dévoilée en décembre à La Coop fédérée à Montréal. Le gouvernement conservateur entend rendre obligatoire l’injection de 5 % d’éthanol dans l’essence d’ici 2010 et de 2 % de biodiésel dans le diésel d’ici 2012. Les producteurs américains d’éthanol reçoivent quelque 51 cents du gallon d’éthanol produit et pouvaient rentabiliser des usines en moins de trois ans jusqu’à tout récemment. Ce n’est pas le cas au Canada, mais des projets voient malgré tout le jour un peu partout sur le territoire.
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Débat : L’éthanol plus polluant que l’essence ?
1.5.2007 par N.M..
Selon un article publié par la revue américaine “Environmental Science & Technology” les véhicules roulant à l’éthanol seraient plus polluants que ceux utilisant un carburant classique. L’étude, réalisé par Mark Jacobson, chimiste spécialiste des sciences atmosphériques de l’université de Stanford en Californie affirme que l’éthanol provoquerait davantage de maladies, et les décès liés à la pollution pourraient augmenter de 4%.
Plus d’infos :
L’article de Environmental Science & Technology (eng)
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