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BIOCARBURANTS :la France s’organise sous la pression européenne

Un contexte politique favorable
Alors qu’une directive européenne impose un taux d’incorporation des biocarburants dans les carburants fossiles de 5.75% à l’horizon 2010, le gouvernement français a décidé de tripler sa production de carburants verts.
qactu_img_preview12.jpg« Tripler la production française de biocarburants », tel est l’engagement pris par Jean-Pierre Raffarin le 17 septembre 2004.   

Avec cette annonce, reprise aujourd’hui par plusieurs responsables politiques, le dossier des biocarburants revient sur le devant de la scène.

Et pour cause. Le gouvernement voudrait d’abord pouvoir respecter ses engagements de réduction des gaz à effet de serre pris lors des accords de Kyoto.

qactu_img_preview.jpgEnsuite, une directive européenne incite à l’incorporation de carburants verts (éthanol ou Diester) dans les carburants fossiles classiques (essence et diesel) à hauteur de 2% en 2005 et de 5.75% en 2010. Or, la France en est loin. En 2004, seuls 0.95% d’esters d’huiles et 0.4% d’éthanol ont été incorporés.
En conséquence, le gouvernement a lancé, le 19 mai 2005, une nouvelle phase du plan Biocarburants pour la période 2008-2010, avec la production supplémentaire de 700 000 tonnes de Diester et 250 000 tonnes d’éthanol. “Ainsi, l’objectif d’incorporer 5,75% de biocarburants dans les carburants en 2010 sera tenu“, a assuré le gouvernement.

Des enjeux environnementaux mais aussi économiques

Les conclusions de l’étude réalisée en 2002 par le cabinet d’expertise Ecobilan avec l’Ademe (Agence De l’Environnement et de Maîtrise de l’Energie) et la Direm (DIrection des Ressources Energétiques et Minérales) sont simples : utiliser des biocarburants contribue à diminuer les émissions de gaz à effet de serre produits en grande quantité par la combustion d’hydrocarbures fossiles.   

« L’impact de la filière éthanol sur l’effet de serre est environ 2,5 fois inférieur à celui de la filière essence. L’impact du Diester est 3,5 fois inférieur à celui du gazole. »

Cette étude tient compte du cycle de vie complet des carburants : production, transport, transformation et distribution. La production d’éthanol de blé passe par l’utilisation d’énergie non renouvelable (engrais, utilisation de carburants pour les machines agricoles). Mais au final, l’éthanol libèrerait plus d’énergie qu’il n’en faut pour le fabriquer.   

Par ailleurs, les moteurs fonctionnant “au vert” émettent moins de particules, d’hydrocarbures aromatiques ou de soufre. Enfin, les biocarburants jouent un rôle économique non négligeable.

La France n’est plus leader en Europe
qactu_img_preview2.jpgPrécurseur en Europe il y a près de quinze ans en lançant la production de Diester et d’éthanol, la France est maintenant dépassée par d’autres pays. Depuis 2001, l’Allemagne est devenue le premier producteur européen de biodiesel. Et du côté de l’éthanol, la France est aussi reléguée au second rang, derrière l’Espagne, qui développe fortement cette filière depuis trois ans.   

Les raisons de ces bouleversements sont principalement politiques. Alors que le frein majeur au développement des biocarburants reste leur coût, la mise en place d’une défiscalisation est importante, ce qu’ont très bien compris l’Allemagne et l’Espagne, dont les gouvernements proposent des réductions de taxes conséquentes. Reste maintenant à savoir si la nouvelle volonté politique en France pourra permettre de rattraper le retard.

Brésil et États-Unis dominent le monde
qactu_img_preview4.jpgHors Europe, deux pays dominent le marché : les États-Unis et le Brésil qui produisent à eux seuls 95% de l’éthanol carburant dans le monde. Le Brésil renforce chaque année sa position de leader dans le commerce mondial.   

Fait nouveau avec la hausse du prix du pétrole, de nombreux autres pays envisagent le lancement de programmes nationaux (Inde, Amérique Centrale, Chine, Canada…). Il s’agit presque toujours d’éthanol, la fabrication de Diester étant principalement européenne : le marché des carburants y est marqué par une domination de la consommation de gazole.

Le Brésil, champion du monde de l’éthanol carburant
Des obstacles ternissent l’avenir des biocarburants
Trois inconvénients majeurs pourraient freiner le développement des biocarburants.   

D’abord leur coût de production, qui est supérieur à celui des carburants fossiles. Selon Stéphane His, économiste à l’Institut Français du Pétrole (IFP), « on peut considérer qu’en Europe les carburants verts sont compétitifs pour un baril de pétrole à 80 dollars ».

Les pays européens doivent s’employer à réduire ces coûts, ce que font déjà le Brésil et les États-Unis. Ces deux géants y arrivent notamment grâce à une matière première meilleur marché et des usines de très grande capacité permettant des économies d’échelle.   

Autre problème, la disponibilité des ressources : le développement des biocarburants entraîne une concurrence avec la filière alimentaire pour l’usage des terres.

Enfin, le troisième obstacle est la formation importante de co-produits, qui risquent de voir leurs débouchés se saturer.

États-Unis : 391 000 barils par jour d’éthanol consommés

Article publié au Canada… toujours la polémique sur les surfaces cultivables employées à la production d’Ethanol… Je retiens surtout que la demande dépasse l’offre. L’éthanol a de beaux jours devant lui… et c’est une bonne nouvelle pour l’environnement et le concept de la croissance équitable.

NM

L’éthanol est très demandé aux USA. Malgré une hausse de la production de ce carburant alternatif évaluée à 25 %, par rapport à 2005, les 18,6 milliards de litres d’éthanol produits en 2006 n’ont pas suffi à la demande, selon l’Association américaine pour les carburants renouvelables.

La demande moyenne d’éthanol s’est établie à 391 000 barils par jours, pour un total d’environ 20 milliards de litres en 2006.La Norme des carburants renouvelables, qui établit des prévisions dans ce domaine pour assurer une production adéquate de carburants alternatifs, s’attendait à ce qu’un peu plus de 15 milliards de litres d’éthanol soient consommés en 2006, ce qui a été nettement dépassé.

Cette popularité devrait mener à l’ouverture d’une quarantaine de nouvelles usines de production d’éthanol, aux États-Unis seulement, ce qui fait craindre le pire aux porte-parole du secteur de l’alimentation. «Les autos, et non les humains, auront droit à la majeure partie de l’augmentation de la production de céréales cette année», a d’ailleurs affirmé le fondateur du WorldWatch Institute, Lester Brown.Selon l’Institut, la quantité de céréales nécessaire pour faire le plein du réservoir d’un gros VUS équivaut à ce qu’il faut pour nourrir un être humain pendant un an.

La production d’éthanol dans des pays comme le Brésil, la Malaisie et l’Indonésie est aussi la cause principale de la déforestation, dans ces pays.

Les scientifiques mondiaux réunis à Paris sur la bombe climatique

terre.jpg Je crois que sur le sujet du réchauffement climatique, l’éthanol doit jouer un rôle dans la réduction d’émission de Co2. Encourrager la production, et surtout l’usage de ce carburant, contribuent à préserver l’envirronnement. pour info, 47% des émissions de Co2 sont dues aux transports…

NM

Près de 500 scientifiques du monde entier se réunissent lundi à Paris pour livrer leur diagnostic sur la “bombe climatique”: le réchauffement planétaire déjà à l’oeuvre et, surtout, à venir.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), mandaté par l’ONU, va plancher quatre jours à l’Unesco pour publier vendredi 2 février le chapitre scientifique de son quatrième rapport, véritable “bible” des connaissances climatiques qui servira de référence pour les cinq prochaines années.

Ce nouveau rapport, en cours d’élaboration depuis deux ans, ne devrait réserver “aucune bonne nouvelle”: “C’est une confirmation de tout ce qu’on a dit depuis longtemps, mais avec des risques supplémentaires”, selon le climatologue français Hervé Le Treut.

Fonte des glaces de mer et des sols gelés en profondeur (permafrost ou pergélisol), diminution de la couverture neigeuse, recul des glaciers, dilatation des océans réchauffés, sont autant de conséquences du réchauffement qui peuvent aussi, par “rétroaction”, jouer les accélérateurs du processus.

Les climatologues redoutent en effet qu’au delà “d’effets de seuil”, ces phénomènes pourraient amplifier le réchauffement, sans qu’il soit possible pour l’heure “de déterminer les limites à ne pas franchir”, explique Edouard Bard du Collège de France.

La dernière livraison du Giec, en 2001, estimait que les températures moyennes mondiales pourraient augmenter de 1,4 à 5,8°C d’ici à la fin du siècle par rapport à 1990. Une amplitude de fourchette qui traduit moins les incertitudes de la science que celles liées à l’évolution des sociétés et des économies, plus ou moins énergivores.

“Par rapport à 2001, l’exercice sera plus large et plus complet et fera l’effort de présenter les résultats sous forme probabiliste: c’est-à-dire le degré de confiance accordé aux termes d’une fourchette donnée”, indique Serge Planton, qui dirige la recherche climatologique à Météo-France.

Le thermomètre planétaire a déjà gagné 0,8°C en un siècle, pour moitié au cours des trente dernières années. “Hormis 1996, toutes les années depuis 1995 sont plus chaudes que n’importe quelle année depuis plus de 140 ans”, note le climatologue français Jean Jouzel, membre du bureau du Giec.

Et pour la communauté scientifique, cette accélération du réchauffement constaté dans les dernières décennies ne peut s’expliquer par la seule variation naturelle du climat. Une bonne part des gaz à effet de serre lâchés dans l’atmosphère le sont par les activités humaines, ce qui impose une réaction de la part des dirigeants du monde.

C’est à eux que s’adresse le “résumé à l’intention des décideurs” que leur concocteront les experts réunis à Paris. Un résumé en dix pages du rapport de synthèse, qui dira l’essentiel et le plus clairement possible, mais qui va nécessiter d’ardents débats et un marchandage “ligne par ligne”, selon M. Jouzel.

Ce résumé sert de socle à l’action internationale en faveur de la réduction des émissions de gaz à effets de serre (GES) dans le monde, cadrée par le protocole de Kyoto.

“A l’heure actuelle, le réchauffement moyen tel que montré par les simulations est de l’ordre de +3°C en 2100. Mais tout dépendra des scénarios de réduction des émissions de GES”, qui varient selon les choix économiques, la démographie mais aussi la diplomatie, indique Edouard Bard.

L’Union européenne a déjà fait sienne la conviction d’experts réunis en 2005 à Exeter, au Royaume-Uni: au delà de 2°C supplémentaires, la planète aura du mal à s’adapter.

 

 

89% de français pour le biocarburant

A base de céréales et de betteraves, le carburant vert peut contenir jusqu’à 85% d’éthanol et 15% d’essence et sera distribué en septembre 2007 dans des stations-service classiques. Sa distribution est déjà autorisée aux Etats-Unis, au Brésil, en Suède, en Allemagne et en Pologne.

L’objectif est de permettre aux Français de s’approvisionner en essence ou en bioéthanol, grâce à des véhicules dits “flexfuel”, présentés l’automne dernier à Paris au Mondial de l’automobile.

Le gouvernement français souhaite ainsi porter la part des biocarburants dans la consommation totale de carburant à 5,75% en 2008 et à 7% en 2010.

Selon un sondage, 89% des Français sont disposés à acheter un véhicule roulant au biocarburant et 68% sont prêts à payer plus cher à la pompe pour “rouler propre”.

E. Leclerc se bat sur la promotion du carburant vert

 Je trouve que l’engagement d’E.Leclerc va dans le bon sens. C’est sur le terrain de la consommation que les biocarburants s’imposeront. NM

pompe-reims.jpgAprès la disparition des sacs de caisse jetables, c’est à la promotion des carburants verts que s’attaque le distributeur. Depuis le 13 novembre dernier, E.Leclerc et l’agence Australie communiquent sur ces derniers avec une annonce presse qui met clairement en avant l’engagement de l’enseigne dans leur développement (depuis douze ans, E.Leclerc tente de développer l’incorporation de produits d’origine agricole aux carburants classiques). Les visuels de la campagne représentent une voiture couleur “camouflage” avec une accroche qui renvoie directement au bénéfice environnement des biocarburants : “Avec nos carburants verts votre voiture se fera désormais plus discrète dans l’environnement”. En parallèle de la campagne presse, un dispositif de PLV est prévu (sur les pompes à essences) ainsi que des dépliants destinés à expliquer ce que sont les carburants verts.

 Michel-Edouard Leclerc :  Je pousse mon enseigne sur le marché des biocarburants

breve19668.jpgAprès avoir longtemps été réclamés par les écologistes, les biocarburants ne font pas complètement l’unanimité. Certains arguments sont justes. D’autres me laissent pantois : aux yeux de quelques fondamentalistes, aucune initiative ne trouve grâce hors le fait d’avoir à se serrer la ceinture (facile quand on ne parle pas de soi !).Je retiens néanmoins de cette polémique naissante que face à l’augmentation de la demande énergétique et aux risques planétaires sur l’environnement :

1) Il ne faut pas attendre de solutions miracles.
2) Chacun doit prendre sa part de responsabilité.
3) Il faut hiérarchiser les priorités : la santé, l’environnement.
De toute façon, chaque solution alternative offrant avantages et inconvénients, il faut tous les passer au tamis d’une comparaison critique (critéres écologiques, économiques, politiques).                                                          

1) La protection de l’environnement est la priorité de l’enseigne
Mon enseigne a été la première à interpeller particuliers et pouvoirs publics sur la pollution générée par les sacs de sortie de caisse. Nous avons opté, dès 1996, pour les sacs de caisse recyclables, réutilisables, remboursables et échangeables gratuitement à vie. Cette solution a permis de réduire d’1 milliard à 55 millions le nombre de sacs distribués chaque année par les centres E. Leclerc.Aujourd’hui, je pousse mes adhérents à soutenir le développement de nouvelles énergies et à promouvoir les carburants verts.
Mon enseigne a été la première à interpeller particuliers et pouvoirs publics sur la pollution générée par les sacs de sortie de caisse. Nous avons opté, dès 1996, pour les sacs de caisse recyclables, réutilisables, remboursables et échangeables gratuitement à vie. Cette solution a permis de réduire d’1 milliard à 55 millions le nombre de sacs distribués chaque année par les centres E. Leclerc.Aujourd’hui, je pousse mes adhérents à soutenir le développement de nouvelles énergies et à promouvoir les carburants verts.Mon enseigne a été la première à interpeller particuliers et pouvoirs publics sur la pollution générée par les sacs de sortie de caisse. Nous avons opté, dès 1996, pour les sacs de caisse recyclables, réutilisables, remboursables et échangeables gratuitement à vie. Cette solution a permis de réduire d’1 milliard à 55 millions le nombre de sacs distribués chaque année par les centres E. Leclerc.Aujourd’hui, je pousse mes adhérents à soutenir le développement de nouvelles énergies et à promouvoir les carburants verts.Mon enseigne a été la première à interpeller particuliers et pouvoirs publics sur la pollution générée par les sacs de sortie de caisse. Nous avons opté, dès 1996, pour les sacs de caisse recyclables, réutilisables, remboursables et échangeables gratuitement à vie. Cette solution a permis de réduire d’1 milliard à 55 millions le nombre de sacs distribués chaque année par les centres E. Leclerc.Aujourd’hui, je pousse mes adhérents à soutenir le développement de nouvelles énergies et à promouvoir les carburants verts.Mon enseigne a été la première à interpeller particuliers et pouvoirs publics sur la pollution générée par les sacs de sortie de caisse. Nous avons opté, dès 1996, pour les sacs de caisse recyclables, réutilisables, remboursables et échangeables gratuitement à vie. Cette solution a permis de réduire d’1 milliard à 55 millions le nombre de sacs distribués chaque année par les centres E. Leclerc.Aujourd’hui, je pousse mes adhérents à soutenir le développement de nouvelles énergies et à promouvoir les carburants verts.

2) Biocarburants : la solution de l’incorporation de produits agricoles dans les carburants.                                                                                                                  

L’incorporation directe dans l’essence se heurte en France à des difficultés d’ordre logistique et physique complexes (l’éthanol a la particularité d’augmenter la tension vapeur de l’essence). En ligne avec l’engagement de l’enseigne pour le développement durable, en 2004, la SIPLEC (notre société pétrolière) bouscule le monde pétrolier en incorporant pour la première fois de l’éthanol pur dans le supercarburant sans plomb 95.Aujourd’hui tous les carburants verts vendus par l’enseigne contiennent 5 % d’additifs d’origine agricole (taux d’incorporation maximal autorisé par l’administration). Avec 75 stations-service E. Leclerc exclusivement distributrices de carburant vert, et 210 à horizon 2007, le consommateur pourra de plus en plus facilement s’approvisionner en biocarburant.

3) 20 % de stations-service E. Leclerc équipées en Super Ethanol en 2008

img_blog_270906_biocarburan.jpgDésormais leaders sur l’incorporation d’éthanol dans l’essence, les Centres E. Leclerc ont été naturellement sollicités cette année pour participer à la création d’un nouveau carburant, le super éthanol (E85). Le 1er juin 2006, j’ai inauguré, avec François Loos, Ministre de l’Industrie, la première pompe « Flex Fuel » en France. Elle alimente la première flotte de 7 véhicules « Flex Fuel » du Conseil Général de la Marne fonctionnant au E85 (c’est Ford qui a joué le pionnier).L’expérience est limitée, mais concluante.Les pouvoirs publics (Cf. communication conjointe de Thierry Breton et Alain Prost, hier) affirment leur volonté de développer le marché du Super Ethanol (adapté aux moteurs « Flex Fuel ») pour le grand public. En ce qui nous concerne, j’ai assuré que mon groupe équipera 15 % de nos stations-service en E85 en 2007 et 20 % en 2008. C’est parti !Cet investissement va évidemment relancer le débat sur les biocarburants. Vous aurez compris que j’ai l’intime conviction qu’il constitue une alternative intéressante, même si tout cela reste encore marginal. Mais comme il y a beaucoup de pros dont j’ai apprécié les commentaires sur ce sujet, je serais intéressé (sincèrement intéressé) à connaître leurs arguments pour ou contre.

Michel-Edouard Leclerc

La Belgique doit se préoccuper du biocarburant E85

large_307293.jpgLes pouvoirs publics doivent se préoccuper de la mise en oeuvre du biocarburant E85, un mélange de 85% d’éthanol et 15% de carburant traditionnel. Le gouvernement devrait par exemple organiser des essais à La Poste ou dans les services publics, a indiqué Luc Bontemps, administrateur délégué de la Fédération belge de l’industrie automobile et du cycle (Febiac).

Cadre légal
“Nous demandons avec insistance aux pouvoirs publics de mettre sur pieds un cadre légal pour le bio éthanol”, a-t-il poursuivi. En Belgique, il n’est actuellement pas possible de rouler qu’au biodiesel. Or, d’après le distributeur indépendant Octa+, il est techniquement possible de rouler au bioéthanol, un mélange à base d’essence traditionnelle et d’éthanol.

Mais la volonté politique ne suit pas, indique Octa+, qui déplore qu’il n’y ait “aucun soutien politique” concernant le bioéthanol 85% qui “va pourtant dans le sens du développement durable”. “Il conviendrait d’instaurer une fiscalité neutre pour l’essence et le diesel, ce qui rétablirait un équilibre et permettrait une consommation d’essence et d’éthanol avec pour but une réduction significative des émissions de CO2″, ajoute le distributeur pétrolier.

Biocarburants
Celui-ci constate encore qu’en un an, les choses n’ont pas beaucoup évolué en Belgique en la matière. “Il y a en tout et pour tout une station qui est prête à servir du biocarburant E85 mais elle est fermée car il n’y a pas de norme belge sur l’E85″, a indiqué Etienne Rigo, administrateur délégué d’Octa+.

Des législations existent pourtant dans les pays voisins, selon Charles-Albert Peers, président d’Alco Bio Fuel, un producteur agréé pour la production de biocarburant en Belgique. L’Allemagne ne défiscalise plus actuellement que l’E85 et le B100 (100% bio), alors que la défiscalisation était auparavant appliquée à tous les biocarburants.

Mesures
“Faute de défiscalisation spécifique de l’E85 en Belgique, ce carburant coûte trop cher à la pompe”, a souligné M. Peers, qui appelle le gouvernement à prendre rapidement des mesures pour rendre l’E85 attractif.

D’après Octa+, au niveau mondial, la plupart des pays se tournent vers l’éthanol en raison de la disponibilité quasi illimitée des matières premières et de la biomasse convertissable en éthanol, ce qui n’est pas le cas pour le biodiesel. Actuellement, trois marques (Saab, Volvo et Ford) proposent des modèles pouvant rouler à l’essence E85.

Suède : L’éthanol fait son entrée en WRC

 arton4411.jpgLa Suède a semble-t-il décidé de se faire définitivement le chantre de l’éthanol. Ses blasons automobiles s’y sont engouffrés avec détermination tandis que du côté du sport automobile, on n’est pas en reste. Un rallye a été organisé pour les véhicules utilisant ce carburant, tandis que Volvo a prévu de s’engager au plus haut niveau de la compétition tourisme sur circuit avec ce type d’énergie. Dernière initiative en date, l’entrée de l’éthanol en WRC.
  

C’est ainsi que lors de la seconde manche du championnat du monde des rallyes, qui se déroulera en Suède, deux voitures roulant à l’éthanol évolueront parmi le reste du plateau. collard-hasp2.jpgCertes, ce ne sera pas pour la victoire et l’engagement ne concerne que deux Ford Fiesta groupe N, soit la plus modeste des classes de la discipline, mais le geste est on ne peut plus symbolique. Il inscrit la Suède dans sa détermination à vouloir généraliser l’éthanol, tandis qu’il se fait l’écho des décideurs d’une Fédération Internationale de l’Automobile qui veut donner une image des sports mécaniques dont il est gardien, en phase avec son temps.

 

Etude bio-carburants: la Confédération Paysanne doute

biocarburant1.jpgEncore une histoire de lobbyings, cette fois-ci dans le domaine agricole ? voire même lobbies pétroliers contre lobbies céréaliers et sucriers ? Les résultats des bilans énergétique des bio-carburants seraient-ils faussés ? 

C’est en tout cas ce que laisse sous-entendre la Confédération Paysanne, qui s’inquiète d’une éventuelle pression des producteurs de blé, de betterave, de colza et de maïs, pour enfler les mérites de leurs productions et d’une manque d’indépendance des cabinets d’étude traitant du dossier. Le syndicat agricole met en effet en doute les études sur le bilan énergétique des agro-carburants, qui ont conduit le gouvernement à favoriser le développement de filières industrielles de production, et demande leur révision. La bataille ne fait que commencer …

La Confédération Paysanne, deuxième syndicat agricole derrière la FNSEA, et opposée à l’agriculture intensive, “s’inquiète dans un communiqué de voir que le développement des filières industrielles d’agro-carburants constitue l’essentiel de l’arsenal gouvernemental (…) et que des sommes colossales y sont consacrées” face aux perspectives de changement climatiques liés aux émissions de gaz à effet de serre.

Elle déplore notamment que le plan biocarburants se soit appuyé, selon elle, sur “les études menées par la société Ecobilan, membre du cabinet Pricewaterhouse Coopers, financées par les producteurs de blé, de betterave de colza et de maïs, et dérivant toutes de l’étude ADEME-DIREM 2002″.

Selon le syndicat, “cette dernière étude révèle un grand nombre d’incohérences et d’erreurs qui remettent en cause ses résultats, et subséquemment l’intérêt énergétique et environnemental des filières industrielles de production d’agro-carburants”.

La Confédération “demande que cette étude (…) unique alibi des tenants de ces filières, soit revue et corrigée, et que toutes les conséquences de ces corrections soient tirées”.

“Parmi les agro-carburants possibles, les choix ne sont pas faits en faveur de ceux qui présentent le meilleur bilan énergétique” estime la Confédération. Selon elle, “tout se passe comme si on entendait substituer les agro-carburants au pétrole sans jamais se poser la question d’une nécessaire diminution de la consommation d’énergie, dans l’industrie, les transports mais aussi l‘agriculture“.

Très bonne remarque, il ne suffit pas en effet de trouver des produits de “substitution” qui loin de résoudre massivement le problème de l’approvisionnement en pétrole risquant au contraire de mettre en avant de nouveaux lobbies … tout en renchérissant le cours des matières premières indispensables à notre alimentation comme le blé et le sucre.

L’essentiel serait avant tout de consommer raisonnablement, de produire de manière raisonnée et d’étudier toutes les possibilités d’économiser l’énergie, quelques soient les sources dont elle provient.

Tentons de réduire nos besoins, modifions nos comportements au lieu de littéralement tenter de “zapper” sur les productions à notre disposition comme un enfant gâté dont le but ultime ne serait que de consommer sans associer une justification économique à cette consommation. Les ressources de la planète ne sont pas des mouchoirs en papier qu’on utilise et jette après usage… sinon nous n’aurons bientôt plus que nos yeux pour pleurer et il sera trop tard…

Source : AFP